VERS UNE THERAPIE GENIQUE POUR L’ATTEINTE NEUROLOGIQUE ASSOCIEE A L’ATAXIE DE FRIEDREICH

15 juin 2018

L'ataxie de Friedreich, maladie héréditaire rare est caractérisée par une atteinte neurodégénérative, une atteinte du cœur et un risque accru de diabète. Il n'existe aucun traitement à ce jour. L’équipe d’Hélène Puccio, chercheuse à l’IGBMC (CNRS/Inserm/Université de Strasbourg) a démontré chez la souris l’efficacité d’une thérapie génique sur l’atteinte neurodégénérative associée à l’Ataxie de Friedreich. Les résultats ont été publiés le 1er juin 2018 dans la revue Molecular Therapy.

L’ataxie de Friedreich, la plus fréquente des ataxies héréditaires, est une maladie neurodégénérative progressive incurable. Elle est causée par une mutation du gène de la frataxine, qui conduit à des niveaux réduits de cette protéine essentielle à l’activité des centrales énergétiques de la cellule, les mitochondries. En 2014, l’équipe d’Hélène Puccio a démontré l’efficacité d’une thérapie génique utilisant une copie normale du gène de la frataxine pour prévenir et inverser rapidement la cardiomyopathie associée à l’ataxie de Friedreich. Mais aucune thérapie ne permettait de traiter les symptômes neurologiques, conséquences de la dégénérescence de neurones sensoriels des ganglions dorso-rachidiens présents le long de la colonne vertébrale ainsi que de lésions du cervelet.

Dans cette étude, l’équipe d’Hélène Puccio a présenté un nouveau modèle de souris déficientes en frataxine spécifiquement dans certains neurones dont les gros neurones sensitifs, appelés neurones proprioceptifs, ainsi que les cellules de Purkinje. Le nouveau modèle developpe une ataxia sensitive et cerebelleuse progressive, reproduisant les symptômes primaires de la maladie. De façon intéressante, les neurones proprioceptifs, bien qu’ils soient totalement dysfonctionnels, peuvent survivre plusieurs semaines sans frataxine, indiquant l’existence d’une fenêtre thérapeutique potentielle. Les chercheurs ont alors injecté une copie normale du gène de la frataxine portée par un vecteur viral, par voie intraveineuse, ciblant ainsi les ganglions rachidiens postérieurs situés le long de la colonne vertébral et, par voie intracérébrale pour atteindre le cervelet. Suite à cette double administration, les symptômes neurologiques aux niveaux comportemental, physiologique et cellulaire ont été éliminés en seulement quelques jours.

Ces résultats établissent ainsi la preuve de concept du potentiel de la thérapie génique dans le traitement de la neuropathie liée à l’ataxie de Friedreich et la création d’un nouvel modèle pour l’étude des symptômes neurologiques de la maladie.

Cette étude a été financée par l’ANR, par l’US Friedreich Ataxia Research Alliance et par l’Association française pour l’ataxie de Friedreich.

Consulter l’information sur le site de l’IGBMC

 

Source
Piguet F and coll. - Rapid and Complete Reversal of Sensory Ataxia by Gene Therapy in a Novel Model of Friedreich Ataxia - Molecular Therapy, édition en ligne du 28 mai 2018.

 

 Contact chercheur
 Hélène Puccio
 Chef d'équipe
 Unité 1258 Inserm/CNRS/Université de Strasbourg, Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire, Illkirch
helene.puccio@igbmc.fr


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