PORTRAIT DE LIONEL APETOH

14 novembre 2017

Inserm

Découvrez le portrait de Lionel Apetoh, responsable de l’équipe Régulation de la différenciation lymphocytaire T CD4 par les acides nucléiques, au sein de l'unité Lipides, Nutrition, Cancer (unité 1231 Inserm/Université de Bourgogne/Agrosup Dijon).
Voilà à peine 10 ans que la recherche contre le cancer s’intéresse sérieusement à l’immunité comme vecteur potentiel de guérison. Si de premières immunothérapies sont d’ores et déjà utilisées contre le mélanome, beaucoup reste encore à découvrir et à comprendre dans ce domaine. Lionel Apetoh et son équipe ont choisi de s’intéresser aux propriétés des lymphocytes T CD4, afin de développer de nouvelles pistes thérapeutiques...

L’immunologie du cancer est un domaine de recherche relativement récent. Comment l’avez-vous intégré ?

Lorsque j’étais lycéen, j’étais fasciné par la façon dont fonctionne notre système immunitaire : c’est ce qui m’a incité à m’orienter vers la biologie. Concrètement, j’ai mis le pied à l’étrier en immunologie lors d’un stage de Master, à Québec. Ensuite j’ai poursuivi un parcours classique, en conduisant ma thèse de doctorat au sein du laboratoire de Laurence Zitvogel, spécialiste de l’immunothérapie, puis un post-doctorat à l’université de Harvard. J’ai pu m’intéresser à la fois à des questions fondamentales et à des questions plus appliquées à la cancérologie. À l’époque, l’immunothérapie antitumorale était encore un pari. Il a été validé depuis. Et grâce au financement européen que j’ai décroché avec mon laboratoire, en 2015, l’idée est même de développer une nouvelle voie d’immunothérapie : nous nous intéressons aux lymphocytes T CD4, une population cellulaire très importante pour nos mécanismes habituels de défense.

Pourquoi l’immunothérapie constitue-t-elle une voie originale dans la lutte contre le cancer ?

L’évolution naturelle des tumeurs montre que l’immunité n’est pas assez efficace pour combattre le cancer. Pour y pallier, l’approche la plus logique a initialement été de développer la chimiothérapie anticancéreuse. Il existait bien un rationnel scientifique ancien sur la capacité de l’immunité à lutter contre le cancer : dans les années 1970, des études ont par exemple montré qu’une chimiothérapie fonctionnait moins bien chez une souris chez laquelle on avait supprimé les défenses immunitaires. Mais si les ces observations suggéraient une coopération potentielle entre chimiothérapie et immunité, les connaissances en biologie cellulaire et moléculaire étaient à l’époque insuffisantes pour comprendre les fondements du succès de cette association. Aujourd’hui, on sait qu’il existe deux voies différentes : certaines chimiothérapies vont permettre de libérer des composés qui stimulent l’immunité à partir des cellules cancéreuses détruites. La deuxième voie est celle des composés aujourd’hui développés en immunothérapie : ils ciblent des cellules clés de l’immunité, pour les activer directement et booster la réponse contre le cancer.

> Retrouvez l'intégralité du portrait de Lionel Apetoh sur le site de l'Inserm


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