Mise en lumière d'un effet anti-sécrétoire du pasiréotide sur des cellules tumorales

27 novembre 2021

Stéphane Gasman, directeur de recherche Inserm et son équipe au sein de l’Institut des Neurosciences Cellulaires et Intégratives (INCI) (CNRS / Université de Strasbourg) ont mis en lumière un effet anti-sécrétoire du pasiréotide sur des cellules tumorales humaines de la glande médullosurrénale. Ces résultats sont publiés dans Cancer Letters.

Depuis maintenant plus de 20 ans, Stéphane Gasman et son équipe explorent les mécanismes moléculaires fondamentaux de la sécrétion cellulaire dans les systèmes nerveux et neuroendocrines. Ils ont récemment mis en application cette expertise en se penchant sur une situation pathologique impactant ces mécanismes: le phéochromocytome, une tumeur neuroendocrine issue des cellules chromaffines de la glande médullosurrénale.

Bien que la régulation de la sécrétion hormonale chez un sujet sain soit strictement contrôlée par l’organisme, les patients atteints par des tumeurs neuroendocrines libèrent, dans la plupart des cas, une quantité excessive d’hormones dans la circulation sanguine. Une de ces tumeurs, le phéochromocytome, engendre une hausse de catécholamines (adrénaline, noradrénaline) dans le sang pouvant entraîner des hypertensions sévères ainsi que des risques de cardiopathies ou d’accidents cardiovasculaires.  Cependant, de nos jours, la plupart des traitements ne font que bloquer l’action des catécholamines sans résoudre directement  l’hypersécrétion . C’est pourquoi, Laura Streit, doctorante dans l’équipe de Stéphane Gasman, a étudié l’action du pasiréotide, un peptide analogue de la somatostatine, déjà utilisé dans le traitement de tumeurs neuroendocrines hypophysaires. Leurs recherches montrent que cette molécule pharmaceutique freine de façon importante la sécrétion des cellules tumorales issues de phéochromocytomes humains et que cette action inhibitrice pourrait faire intervenir un nouveau mécanisme d’action impliquant le récepteur nicotinique.

L’équipe a notamment pu réaliser cette étude, grâce à leurs collaborations avec les hôpitaux universitaires de Nancy (Pr. L. Brunaud) et de Strasbourg (Dr. M. Vix et Pr. Mutter), accueillant des patients atteints par cette tumeur. En plus d’ouvrir la voie à de nouvelles recherches cliniques sur la prise en charge des patients atteints de phéochromocytomes, ces chercheurs s’attèlent maintenant à découvrir l’origine de l’hypersécrétion dans ces tumeurs. Ils ont  récemment mis en ligne un premier article sur la plateforme de dépôt de pré-publication BioRxiv (voir https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2021.11.02.466874v1 ). Ils espèrent ainsi également identifier les différents acteurs impliqués dans cette dérégulation de l’activité sécrétrice.
Article réalisé par Ammra Tan


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