MANGER TROP GRAS… PAS SEULEMENT UNE QUESTION DE POIDS.

01 mars 2019

A Dijon, des chercheurs de l'équipe SAPHIHR - Signaling And PHysiology In Hematological Research (Unité 1231 Inserm/Université de Bourgogne/Agrosup Dijon) ont mis en évidence une nouvelle conséquence silencieuse d’une alimentation trop riche en graisses : son impact délétère sur la production des cellules sanguines aussi appelée hématopoïèse.
L'étude est parue le 31 janvier 2019 dans Nature Communications.

Nous le savons tous, manger trop gras est mauvais pour notre ligne mais aussi pour notre santé. En effet, une alimentation trop riche en graisses augmente les risques d’obésité mais aussi de maladies associées telles que le diabète ou les maladies cardiaques et inflammatoires. A ce titre, les recommandations récentes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indiquent que les graisses ne devraient pas dépasser 30% de nos apports énergétiques totaux et nous suggèrent donc de limiter notre consommation de fast-food dont l’apport énergétique provenant des graisses peut atteindre jusqu’à 40% des calories totales.

 

 

Dans leur récente étude, une équipe de chercheurs Inserm de Dijon met en évidence une nouvelle conséquence silencieuse d’une alimentation trop riche en graisses : son impact délétère sur la production des cellules sanguines aussi appelée hématopoïèse. En effet, en alimentant des souris avec un régime riche en graisses pendant un mois, période brève ne provoquant pas leur obésité, les chercheurs ont remarqué une diminution importante du nombre de cellules souches destinées à devenir des cellules sanguines dans la moelle osseuse des animaux.

 

 

 

 

 

L’obésité ne pouvant être mise en cause, les chercheurs se sont intéressés aux mécanismes sous-jacents et ont découvert qu’une alimentation riche en graisses désorganise les radeaux lipidiques, des zones de la membrane cellulaire dans lesquelles se regroupent des protéines membranaires. Cette désorganisation des membranes résulte en une incapacité des cellules souches hématopoïétiques à se maintenir dans la moelle osseuse et à se développer lors d’une greffe de moelle osseuse.

 

 

Ainsi, au-delà des conséquences visibles, un apport trop important en graisses, même de courte durée, pourrait avoir des conséquences sur le renouvellement de nos cellules sanguines ainsi que leur capacité à se multiplier chez un patient receveur d’une greffe de moelle osseuse.

F. Hermetet et al. Nature Communications. 2019 Jan 31 ; 10(1) : 523
Ronan Quéré : Unité 1231 Inserm, Lipides – Nutrition – Cancer, Université Bourgogne Franche-Comté

Actualité rédigée par Elise Jacquin Phd (Unité 1231 Inserm/Université de Bourgogne/Agrosup Dijon) & illustrations par Marc Senny-Palany (@recapafterusecorp)


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